Les Revendications Phares...
1. Lutter contre les violences et les discriminations homophobes au quotidien, dans les faits et par l'implication de tous et de toutes.
L'homophobie, la lesbophobie, la transphobie sont d'abord des sentiments de peur. Elles engendrent le rejet, l'aversion, la haine vis-à-vis des personnes lesbigaytrans, mais aussi de leur famille et de leur entourage. L'homophobie trouve ses origines dans notre éducation, dans notre culture, dans nos racines religieuses et nos superstitions, dans la répartition clichée des rôles entre hommes et femmes. Elle existe à de multiples niveaux, parmi les individus, dans la littérature, dans le langage et les stéréotypes qu'il véhicule, dans les actes des institutions etc. Elle est source de discriminations, d'exclusions, voire de violences. Elle pousse de nombreuses personnes lesbigaytrans à cacher leur orientation sexuelle ou à vivre dans l'isolement ou en ghetto.
Dans notre société, il ne peut y avoir de place pour l'homophobie. La violence verbale et physique à l'encontre des personnes lesbigaytrans doit être combattue par les autorités. D'une part, il faut assurer une répression réelle de ces actes de violence. Les auteurs de telles agressions doivent être identifiés et sanctionnés. D'autre part, les victimes de ces agressions doivent faire l'objet d'une attention spécifique des autorités policières et judiciaires.
Toutes les formes de discrimination doivent être combattues. C'est pourquoi la BLGP soutient le combat contre toute forme de discrimination sur base de l'orientation sexuelle, de l'identité de genre, de la "race", de la couleur de la peau, de la naissance, de l'origine ethnique ou nationale, des convictions religieuses, de l'état civil, de la fortune, du style de vie, de l'âge, du handicap, de l'état de santé actuel ou futur ou d'une caractéristique physique.
Dans de nombreux cas, ces sources de discrimination s'additionnent. Les discriminations multiples créent des situations de fragilité sociale extrêmement graves (gay et handicapé, femme lesbienne musulmane, senior lesbigaytrans à faible revenu ou malade, etc.)
- Les autorités politiques, judiciaires et policières doivent veiller à ce que les lois anti-discriminations adoptées en mai 2007 soient véritablement appliquées. Ceci implique notamment l'attribution de moyens suffisants au Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, aux services de référence et points d'appui de première ligne reconnus par le Centre, qui veillent au respect de la loi anti-discrimination, ainsi qu'à l'Institut pour l'égalité entre hommes et femmes, compétent pour l'identité et l'expression de genre.
- Dans le cadre de ces lois, la pratique des tests de situation doit être réellement mise en œuvre.
- La formation des agents de police et de la magistrature en matière d'approche de la diversité doit se poursuivre et s'intensifier.
- L'article 150 de la Constitution belge doit être revu, de manière à étendre la correctionnalisation des délits de presse inspirés par le racisme et la xénophobie à ceux inspirés par d'autres formes de discrimination, notamment celles basées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre.
- De plus, les politiques d'égalité des chances doivent tenir compte, à tous les niveaux de pouvoir, des phénomènes de discriminations multiples et d'intersection entre différentes discriminations.
2. Le combat pour les droits des lesbigaytrans continue en Europe et dans le monde. Notre pays doit y jouer un rôle de pionnier au niveau international.
La Belgique a été l'un des premiers pays au monde à reconnaître la journée internationale contre l'homophobie, célébrée chaque 17 mai. Nous nous réjouissons aussi de la résolution du Parlement européen du 26 avril 2007 qui a décidé de la célébrer chaque année. Il est temps de passer de la parole aux actes et d'intégrer ces valeurs de respect, d'égalité, de diversité, de tolérance et de non-discrimination comme des exigences contraignantes des politiques internationales de notre pays et de l'Union européenne. Une attention particulière doit être accordée à la promotion de l'égalité des droits des lesbiennes et personnes trans.
Les discours haineux, les discriminations, les mauvais traitements vis-à-vis des personnes lesbigaytrans persistent cependant dans de nombreux pays européens. Leurs droits à la liberté d'expression et d'association ne sont pas respectés partout.
- Nous attendons de la Commission européenne qu'elle évalue la mise en œuvre de la directive anti-discrimination en matière d'emploi et de travail et sanctionne les États membres qui ne s'y conforment pas.
- La Commission doit également élaborer une proposition de directive, sur base de l'article 13 du traité CE, en vue de combattre toutes les discriminations dans les domaines autres que le marché du travail. Notamment, l'accès égal au logement, la santé et un enseignement non-discriminant sont des droits fondamentaux.
- Nous attendons du gouvernement fédéral belge qu'il agisse résolument dans le cadre de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe pour soutenir ces revendications et qu'il veille à ce que les institutions européennes et les États membres reconnaissent l'égalité de traitement envers les personnes et les familles lesbigaytrans.
- Le gouvernement doit également s'engager pour obtenir que la législation des différents États membres de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe reconnaissent les effets de notre droit de la famille en faveur des personnes lesbigaytrans, sur base du principe de reconnaissance mutuelle et du principe de libre circulation des personnes, qui s'applique aux couples de même sexe et aux familles homoparentales.
Au-delà de l'Europe, la situation des personnes lesbigaytrans est catastrophique dans certaines régions du monde. Les pendaisons se poursuivent en Iran. Les condamnations à mort pour relations entre personnes de même sexe sont aussi d'application en Mauritanie, au Yémen, en Arabie Saoudite, dans les Emirats Arabes Unis, au Soudan et au Nigeria. En Afrique, pas moins de 38 pays criminalisent toujours les relations sexuelles consentantes entre personnes adultes de même sexe. Ils encouragent ainsi la discrimination et la haine et sont en violation flagrante des conventions internationales relatives aux droits de l'homme.
- La Belgian Lesbian and Gay Pride salue le travail du panel international d'experts en législation des droits de l'homme qui a rédigé en novembre 2006 et adopté en mars 2007 les Principes de Jogjakarta sur l'application de la législation internationale des droits humains en matière d'orientation sexuelle et d'identité de genre. Ceux-ci doivent constituer non seulement un code de conduite pour tout État en matière de droits des personnes lesbigaytrans mais aussi un ensemble de repères pour notre pays, l'ensemble des États membres et les institutions de l'Union européenne, dans la conduite de leurs politiques internationales et de coopération au développement.
- En particulier, nous attendons des pays européens le respect du droit d'asile réaffirmé au principe n° 29 : "Devant la persécution, y compris la persécution liée à l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, toute personne a le droit de demander l'asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. Aucun État, ne renverra, n'expulsera, ni n'extradera une personne vers un autre État où elle craint avec raison d'être soumise à la torture, à la persécution ou à toute autre forme de traitement ou de peine cruels, inhumains ou dégradants, en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre."
- Toutes les autorités belges doivent prendre en compte la situation des droits de l'homme dans leurs relations et leurs négociations avec des pays où les droits des personnes lesbigaytrans sont dénigrés ou nécessitent d'être améliorés. Elles doivent promouvoir dans ce cadre les principes d'un traitement égal vis-à-vis des personnes lesbigaytrans. De plus, les autorités belges doivent veiller à ce que tous textes, traités ou conventions internationaux relatifs à l'interdiction des discriminations incluent explicitement l'orientation sexuelle et l'identité de genre comme des motifs illicites de discrimination. Elles doivent inciter d'autres pays à adopter la journée internationale contre l'homophobie.



